
L’alimentation du chat, carnivore strict, repose sur des exigences biologiques qu’il faut connaître. Ce guide complet rassemble toutes les clés pour comprendre les besoins physiologiques de votre chat, décrypter les étiquettes, choisir les bonnes croquettes et adapter sa ration au quotidien.
Les points clés de ce guide :
- Le chat est un carnivore strict : sa dentition, son métabolisme et son tube digestif court sont conçus pour assimiler des nutriments issus de tissus animaux (protéines riches en taurine/arginine et graisses fournissant de l’acide arachidonique).
- Les glucides ne répondent à aucun besoin physiologique : utiles uniquement comme liant technique pour fabriquer la croquette (amidon), leur taux doit être calculé (ENA) et rester idéalement inférieur à 25 % pour prévenir l’obésité et le diabète.
- L’hydratation est le pilier de la santé rénale et urinaire : avec un « signal de soif » très faible hérité de ses ancêtres, le chat bénéficie grandement de l’apport d’aliments humides (pâtée, bi-nutrition) pour diluer ses urines et éviter la formation de calculs.
- La qualité de la croquette se mesure via le RPC et la vraie nature des ingrédients : le Rapport Protido-Calorique (idéalement > 85 g/Mkcal) garantit un maintien musculaire optimal, tandis qu’il faut se méfier des mentions « viande fraîche » (avant cuisson) et « sans céréales ».
Les besoins nutritionnels fondamentaux du chat
Le chat, un carnivore strict : spécificités anatomiques et digestives
L’alimentation du chat repose sur un principe fondamental : c’est un carnivore strict. Sa physiologie, sa dentition et son système digestif sont entièrement façonnés pour la consommation et l’assimilation de tissus animaux (contrairement aux carnivores opportunistes comme le chien).
L’organisme du chat ayant perdu au fil de son évolution la capacité de synthétiser certains nutriments essentiels à partir de végétaux, il doit les recevoir directement par la viande ou le poisson (où ils sont déjà présents sous une forme assimilable par son corps). Son estomac, particulièrement acide, permet de neutraliser rapidement les bactéries présentes dans les proies et d’amorcer la décomposition des protéines complexes.
Enfin, son tube digestif est très court (4 x la taille de son corps, contre 6 x chez le chien) : son transit est rapide, fait pour assimiler très vite des nutriments hautement digestibles.
L’importance des protéines (animales) et acides aminés essentiels (taurine, arginine)
Les protéines sont les briques essentielles à la santé du chat : elles sont indispensables au maintien de sa masse musculaire, de ses organes, de sa peau, de son pelage et de son système immunitaire.
👉 Généralement, on recommande 34% à 40% de protéines brutes (avec 10% d’humidité).
Mais attention, toutes les protéines ne se valent pas ! Les protéines d’origine animale possèdent un profil d’acides aminés idéal pour le chat. Celles-ci apportent l’intégralité des 11 acides aminés essentiels dans des proportions parfaitement adaptées au félin. Si la taurine est totalement absente du végétal, d’autres acides aminés vitaux comme la méthionine (très rare dans les plantes) ou l’arginine nécessitent une assimilation rapide et une haute digestibilité (supérieure à 85 %). Seules les matières premières d’origine animale garantissent cette efficacité digestive au quotidien.
Les autres macronutriments : lipides et glucides
Les lipides représentent la source d’énergie la plus dense de l’alimentation féline, fournissant environ 8,5 à 9 kilocalories métabolisables par gramme. Au-delà de leur rôle énergétique et de leur intérêt pour rendre appétentes les croquettes, les graisses véhiculent les vitamines liposolubles (A, D, E et K) et fournissent des acides gras essentiels.
Parmi ces acides gras :
- Les Oméga-6 (acides linoléique et arachidonique) préservent la peau, le pelage et l’immunité du chat. Incapable de fabriquer l’acide arachidonique à partir de graisses végétales, faute d’enzyme adaptée, le chat doit obligatoirement le puiser dans les graisses animales.
- Les Oméga-3 à chaîne longue (EPA et DHA), issus principalement des huiles de poisson, exercent une action protectrice reconnue sur la santé des articulations, du système nerveux et de la fonction rénale.
👉 Généralement, on recommande 11% à 18% de lipides bruts (avec 10% d’humidité).
Les glucides, quant à eux, ne correspondent à aucun besoin physiologique strict chez le félin. Pour imager, chez le chat, on peut comparer l’assimilation des glucides comme l’utilisation d’un carburant secondaire dans un moteur conçu spécifiquement pour brûler des protéines et des lipides.
Le chat sait utiliser le glucose issu de l’amidon, mais à une condition : cet amidon doit être parfaitement cuit et gélatinisé lors du processus de fabrication (extrusion des croquettes). Sans cette cuisson, il est très mal digéré. D’ailleurs, la présence d’amidon (glucides), est nécessaire dans les croquettes car est utilisé comme “liant” pour faire tenir la croquette.
Un apport excessif en glucides peut surcharger l’appareil digestif félin et favoriser le stockage sous forme de graisse corporelle (attention au risque d’obésité et de diabète sucré !).
👉 Généralement, on recommande de ne pas dépasser 25% de glucides (ENA) (avec 10% d’humidité).
Tableau récapitulatif des macronutriments et % recommandés chez le chat
| Macronutriments | Rôle biologique principal | Apport généralement recommandé (sur Matière Sèche) | Apport généralement recommandé (croquettes avec 10% d’humidité) | Densité énergétique |
| Protéines brutes | Maintien tissulaire, enzymes, immunité, renouvellement cellulaire | 38 % à 45 % (minimum vital FEDIAF : 25 %) | 34 % à 40 % | 4 kcal / g |
| Lipides bruts | Énergie dense, acides gras essentiels (Oméga-3/6), absorption des vitamines A, D, E, K | 12 % à 20 % (minimum vital FEDIAF : 9 %) | 11 % à 18 % | 9 kcal / g |
| Glucides (ENA) | Énergie secondaire, rôle technique de liant (amidon) pour la croquette | < 20 % à 25 % (aucun minimum vital : 0 %) | < 18 % à 22,5 % | 4 kcal / g |
Les besoins essentiels en micronutriments : vitamines et minéraux
Les vitamines et minéraux sont indispensables pour soutenir le métabolisme cellulaire, la vision et la structure du squelette.Dans l’alimentation du chat, l’équilibre et le contrôle de certains micronutriments sont primordiaux :
- Le rapport Calcium/Phosphore (Ca/P) : l’apport de calcium et de phosphore doit respecter un ratio très précis, idéalement compris entre 1,1 et 1,4. Si le ratio est inférieur à 1, l’organisme déclenche une hyperparathyroïdie nutritionnelle secondaire. Si il est supérieur à 2 ? Cet excès de calcium perturbe l’assimilation des autres minéraux (notamment du zinc et du fer) et favorise les dépôts calcaires ou la formation de calculs urinaires.
- La vitamine A préformée (Rétinol) : le chat ne possède pas l’enzyme permettant de transformer le bêta-carotène des végétaux en vitamine A. La vitamine A doit lui être fournie directement sous forme de rétinol, présent dans le foie et les graisses animales.
- Les minéraux et l’équilibre urinaire : la concentration des urines du chat s’explique très bien avec l’analogie d’une réduction de sauce en cuisine : plus l’eau s’évapore, plus les minéraux se concentrent et risquent de former des cristaux. Un contrôle strict du magnésium, du phosphore et du sodium, associé à un pH urinaire ciblé entre 6,0 et 6,5, permet d’éviter la formation de calculs urinaires (struvites ou oxalates de calcium)
Quel type d’alimentation choisir pour son chat ?
Les croquettes (alimentation sèche)
Les croquettes sont, et de très loin, le mode d’alimentation le plus répandu pour un chat. Très pratiques, les croquettes se conservent très bien, peuvent être de très bonne qualité pour un coût équilibré. En plus, la mastication de la croquette exerce également une légère friction mécanique contribuant à ralentir le dépôt de plaque dentaire.
Cependant, les croquettes :
- contiennent peu d’eau (10% en général) : ne contiennent que 6 à 10 % d’eau. Comme le chat possède un faible signal naturel de soif, il ne compense pas toujours ce manque en buvant à côté.Cela peut accroître le risque de formation de cristaux et de cystites.
- contiennent obligatoirement de l’amidon : cela est nécessaire pour lier la croquette, ce qui implique une teneur en glucides naturellement plus élevée que dans les aliments humides
La pâtée et les aliments humides
Les aliments humides (pâtées, terrines, mousses, effilochés) contiennent généralement entre 75 et 82 %, très proche de la composition d’une proie naturelle.
- Les bénéfices : cela permet une dilution naturelle de l’urine du chat. Le volume des mictions est plus important, et diminue mécaniquement la concentration des sels minéraux, pour une protection efficace contre les calculs urinaires et les cystites. De plus, la pâtée offre une appétence très élevée
- Les contraintes : la pâtée se conserve peu, est bien plus chère que les croquettes, et n’exerce aucun effet de brossage mécanique sur les dents.
La bi-nutrition (alimentation mixte)
La bi-nutrition consiste à combiner aliments secs et aliments humides dans la journée. C’est l’approche la plus recommandée par les vétérinaires, car elle cumule les avantages des deux formats :
- La pâtée (servie 1 à 2 fois par jour) : garantit l’hydratation, protège le système urinaire et apporte une sensation de satiété rapide.
- Les croquettes : répondent au besoin naturel de grignotage du chat, avec un aliment parfaitement équilibré, tout en contribuant à sa santé dentaire via la mastication..
Les repas frais
De plus en plus populaires, les repas frais complets sont élaborés à partir d’ingrédients de qualité (viandes, légumes, graisses de qualité), cuits à basse température et livrés frais ou surgelés.
- Les bénéfices : ce mode d’alimentation offre une haute digestibilité et une excellente appétence sans recourir à des conservateurs artificiels ou à des procédés d’extrusion à haute température. Le taux de glucides est souvent extrêmement bas car l’amidon n’est plus nécessaire pour lier les ingrédients. Contrairement à la ration ménagère faite maison, ces repas sont déjà équilibrés en vitamines et minéraux par des spécialistes de la nutrition féline, ce qui élimine le risque d’erreur de dosage.
- Les contraintes : leur coût quotidien est nettement plus élevé que celui des croquettes ou des pâtées classiques.
L’alimentation ménagère et le BARF
Préparer vous-même les repas de votre chat, ça vous dit ? C’est le principe de la ration ménagère et du régime BARF. L’alimentation ménagère s’appuie sur des ingrédients frais cuits (viande, légumes, féculents adaptés, huiles), tandis que le BARF (Biologically Appropriate Raw Food) repose sur un régime à base de viandes crues, de petits os charnus et d’abats.
L’avantage est que ces méthodes offrent un contrôle total sur l’origine des ingrédients et éliminent les additifs industriels ainsi que l’amidon issu de la transformation des croquettes.
Attention cependant ! Formuler une ration ménagère équilibrée exige une vraie rigueur. Une alimentation composée uniquement de viande pure sans os ni apport ciblé provoque de graves carences en calcium et en minéraux. L’ajout d’un Complément Minéral et Vitaminé (CMV) adapté est une obligation absolue.
Tableau récapitulatif des modes d’alimentation chez le chat
| Critère | Croquettes (Sèches) | Pâtée (Humide) | Bi-nutrition (Mixte) | Repas frais Chat | Ration Ménagère / BARF |
| Teneur en eau | Faible (6 – 10 %) | Élevée (75 – 82 %) | Équilibrée (Variable) | Élevée (70 – 78 %) | Élevée (70 – 75 %) |
| Effet sur la santé urinaire | Nécessite un suivi de l’hydratation | Optimal (dilution naturelle de l’urine) | Excellent (grâce à la pâtée) | Bon | Bon à excellent |
| Impact dentaire | Léger effet abrasif (mastication) | Nul | Léger effet abrasif | Nul à faible | Variable (abrasion si os charnus crus) |
| Facilité de conservation | Excellente (température ambiante) | Limitée après ouverture | Moyenne | Contrainte (limitée au réfrigérateur après ouverture, mais stockage possible au congélateur) | Contrainte (congélation / froid) |
| Praticité au quotidien | Très élevée (libre-service facile) | Moyenne | Bonne | Moyenne | Faible (préparation et pesées) |
| Risque de déséquilibre | Faible (aliment complet) | Faible (si aliment complet) | Faible (si quantité bien calculées) | Faible (recettes formulées par des pros) | Élevé sans CMV ou expertise |
| Coût quotidien | € | €€€ | €€ | €€€€ | €€€ |
Savoir analyser la composition des aliments
Savoir lire l’étiquette d’un paquet de croquettes ou d’une boîte de pâtée nécessite de décoder la réglementation européenne et de déjouer les astuces d’affichage des fabricants.
L’ordre dégressif de poids avant cuisson
La réglementation européenne impose la déclaration des ingrédients par ordre dégressif de poids avant cuisson. C’est là que réside le principal piège d’affichage :
- La « Viande fraîche (30 %) » : la viande fraîche contient 70 à 80 % d’eau. Une fois cuite et déshydratée lors du processus de fabrication de la croquette, sa proportion réelle retombe à environ 7 à 8 % du produit fini. Sa présence en tête de liste est donc souvent un artifice d’affichage.
- Les « Protéines de poulet déshydratées (30 %) » : cet intitulé désigne une matière première dont l’eau a déjà été retirée. Les 30 % déclarés correspondent à la proportion réelle dans la croquette finale.
Le leurre du « Sans Céréales » (ou “Grain Free”)
La mention « Sans Céréales » (Grain Free) constitue un argument marketing qu’il faut analyser avec recul. L’absence de céréales ne signifie pas une absence de glucides. Pour structurer la croquette, les céréales sont souvent remplacées par des pommes de terre, des pois, des fèves… Ces ingrédients apportent des taux d’amidon parfois équivalents à ceux du maïs ou du blé, tout en augmentant la proportion de fibres peu digestes.
Les constituants analytiques et les calculs clés
Pour analyser la valeur nutritionnelle, il faut examiner les constituants analytiques obligatoires, disponibles derrière le paquet :
- Protéines brutes
- Matières grasses brutes (Lipides)
- Cendres brutes (taux de minéraux résiduels)
- Cellulose brute (fibres insolubles)
- Humidité (souvent autour de 10 %)
Le taux de glucides figurant rarement sur les emballages, il se calcule par déduction en déterminant l’Extractif Non Azoté (ENA) :
Taux de glucides (ENA %) = 100 – (Protéines + Lipides + Cendres + Fibres + Humidité)
Note : Pour les croquettes sèches sans indication d’humidité, la valeur conventionnelle retenue pour le calcul est 10 %.
☝️ Rappel utile sur les fibres : la cellulose brute mesure les fibres insolubles (utile au transit et à l’élimination des boules de poils). Les fibres solubles (comme les FOS et MOS qui nourrissent le microbiote) ne sont pas capturées par ce dosage et se retrouvent comptabilisées dans les glucides (ENA). Car oui, les fibres sont chimiquement des glucides.
Évaluer la quantité réelle de protéines avec le Rapport Protéico-Calorique (RPC)
Le RPC indique la quantité de protéines fournies par tranche de 1 000 kcal d’énergie métabolisable (EM). C’est l’indicateur le plus précis car il affranchit l’analyse du taux de matière grasse ou d’humidité de l’aliment.
RPC (en g / Mkcal) = (Protéines brutes % / Énergie métabolisable en kcal / 100g) * 100
👉 Pour un chat adulte stérilisé, on recommande généralement un RPC minimum d’au moins 85 g / Mkcal pour préserver sa masse musculaire sans surcharger sa ration en calories.
Adapter la nourriture selon l’âge et le profil du chat
Les besoins métaboliques (et donc l’alimentation) varient selon le stade de croissance, le statut reproducteur, l’environnement et l’état de santé du chat.
Le chaton : du sevrage à la fin de la croissance
Entre la 4ᵉ et la 8ᵉ semaine de vie, le chaton effectue son sevrage en passant progressivement du lait maternel à une alimentation solide. Sa croissance est spectaculaire : en seulement quelques mois, son poids de naissance est multiplié par 40 !
Pour soutenir ce développement intense, ses besoins nutritionnels sont uniques :
- Une densité énergétique maximale : ses besoins caloriques atteignent 2 à 2,5 fois ceux d’un adulte par kilo de poids corporel, alors que son estomac est encore tout petit.
- Protéines et minéraux renforcés : son alimentation doit fournir un taux élevé de protéines très digestes pour fabriquer ses tissus musculaires, ainsi qu’un apport soutenu en calcium et en phosphore (avec un ratio Ca/P autour de 1,1 à 1,3) pour bâtir son squelette.
- Développement cérébral (DHA) : la présence d’acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras Oméga-3 issu des huiles de poisson, est indispensable pour le bon développement de sa rétine, de sa vision et de son système nerveux central.
Le chat stérilisé, d’intérieur ou d’extérieur.
Un chat stérilisé voit son métabolisme ralentir dans les 48 heures suivant l’intervention. La chute des hormones sexuelles réduit le besoin énergétique de 20 à 30 %, alors que l’appétit augmente de près de 20 %. Sans ajustement de sa ration, la prise de poids est quasi inévitable. Son alimentation doit cibler :
- Un Rapport Protéico-Calorique élevé (RPC > 85 g / Mkcal) pour maintenir la masse musculaire tout en limitant les calories.
- Un taux de matières grasses modéré (10 à 12 % sur étiquette).
- Un apport renforcé en fibres pour stimuler la satiété.
- Une teneur en minéraux strictement contrôlée pour prévenir les calculs urinaires, fréquents chez le chat stérilisé.
Le chat d’extérieur, par définition, parcourt de plus grandes distances au quotidien, et se dépense naturellement en chassant et en explorant. Il nécessite une alimentation plus dense en calories et en matières grasses.
Au contraire, le chat d’intérieur est forcément très sédentaire. Il explore peu, ne chasse pas, et consacre une grande partie de sa journée au repos et au toilettage. Sa ration exige une densité énergétique maîtrisée pour éviter le surpoids, ainsi qu’un apport ciblé en fibres insolubles (cellulose) pour faciliter l’évacuation naturelle des pelotes de poils ingérées (trichobézoards).
Le chat senior
À partir de 7 ou 8 ans, le chat entre dans sa phase de sénescence (vieillissement). Même si ses besoins nutritionnels ne diminuent pas automatiquement et directement dès 8 ans précisément, deux mécanismes apparaissent progressivement :
- La baisse de digestibilité et la sarcopénie : le chat très âgé (au-delà de 12 ans) a tendance à moins assimiler les graisses et les protéines, ce qui peut entraîner une fonte musculaire si son alimentation ne lui apporte pas un taux élevé de protéines de très haute qualité et hautement digestibles.
- La sensibilité rénale : la maladie rénale est l’une des premières causes de mortalité chez le chat âgé. Pour préserver les reins, il faut absolument réduire le taux de phosphore de la ration dès 7-8 ans (en ciblant 0,6 % à 0,8 % sur matière sèche). L’apport renforcé en Oméga-3 (EPA/DHA) et en antioxydants aide également à ralentir le vieillissement cellulaire et à soutenir la filtration rénale.
Les régimes spécifiques
Certaines situations de santé imposent le passage à une alimentation diététique spécifique (sur prescription ou recommandation vétérinaire) :
- Le surpoids et l’obésité : chez le chat, une restriction calorique trop brutale est extrêmement dangereuse. La perte de poids doit être stricte mais progressive, à raison de 1 à 1,5 % du poids corporel par semaine, en utilisant une alimentation conseillée ou validée par votre vétérinaire.
- Les pathologies rénales et urinaires : les croquettes avec soutien rénal contiennent moins de phosphore, ont un apport en sodium contrôlé et des protéines de très haute qualité pour limiter la production de déchets urémiques. Les croquettes type “Urinaire”, quant à elles, ajustent la balance minérale (magnésium, phosphore) et ciblent un pH urinaire précis pour dissoudre les cristaux de struvite ou empêcher la précipitation des oxalates de calcium.
- Les allergies et intolérances alimentaires : elles se manifestent généralement par des démangeaisons, des pertes de poils ou des troubles digestifs chroniques. Leur prise en charge repose sur un régime d’éviction strict pendant plusieurs semaines, via une alimentation contenant des protéines hydrolysées (découpées en minuscules fragments pour passer sous le radar du système immunitaire) et/ou une source de protéine unique et inédite pour le chat (canard, insecte…).
Les bonnes pratiques au quotidien : quantités et distribution
Déterminer la ration quotidienne idéale
Pour calculer la bonne quantité de croquettes à donner à on chat, on calcule le Besoin Énergétique d’Entretien (BEE) de l’animal. Le calcul s’effectue en deux étapes :
- Calcul du Besoin Énergétique au Repos (BER) :
Il s’appuie sur le poids métabolique du chat selon la formule de référence de la FEDIAF :
BER = 100 * (Poids en kg)^0.67
- Application du coefficient d’ajustement (k) :
Le BER est ensuite multiplié par un coefficient k qui dépend du statut sexuel et du niveau d’activité du chat :
BEE = BER * k
Les Coefficients k habituellement appliqués sont :
- Chat adulte entier : 1,2 à 1,4
- Chat d’extérieur actif : 1,2
- Chat d’intérieur et/ou stérilisé : 0,8
- Chat prédisposé à l’obésité : 0,6
- Passer des calories à la quantité dans la gamelle
Une fois le BEE (en kcal/jour) obtenu, il reste à déterminer la quantité de nourriture à servir. On regarde la densité énergétique indiquée sur le paquet d’aliments (exprimée en kcal / 100 g).
La formule pour calculer la ration quotidienne en grammes est alors très simple :
Ration quotidienne (en grammes) = (BEE * 100) / Densité énergétique de l’aliment
☝️ Exemple de calcul : Pour un chat stérilisé d’intérieur de 4 kg (au poids poids idéal) :
- Calcul du BER : 100 × (4)^0,67 = 100 × 2,53 = 253 kcal/jour
- Application du coefficient de stérilisation d’intérieur (k = 0,8) : BEE = 253 × 0,8 = 202,4 kcal/jour
- On regarde la densité énergétique indiquée sur le paquet. Si l’aliment apporte 380 kcal/100g : la quantité de croquettes à donner au quotidienne est de : (202,4 x 100) / 380 = 53,2 grammes
Le rythme de distribution et le comportement alimentaire du chat
Dans la nature, le félin chasse et consomme de multiples petites proies au fil du jour et de la nuit. Le chat est physiologiquement un micro-grignoteur, réalisant entre 10 et 18 micro-repas par 24 heures.
En théorie, limiter sa distribution à un ou deux repas volumineux par jour va à l’encontre de sa nature. Cela peut provoquer de la frustration, du stress ou des régurgitations dues à une ingestion trop rapide.
- Pour les croquettes : dans l’idéal, habituez le à avoir sa ration en une fois afin qu’il se régule et mange à son rythme tout au long de la journée. Bien sûr, si vous n’y arrivez pas et qu’il est glouton, fractionnez simplement sa ration en plusieurs petits repas.
- Pour la pâtée : proposez 2 à 3 petites portions par jour
L’importance de l’eau et de l’hydratation
Héritier de félins ayant évolué en milieu aride, le chat tire naturellement l’essentiel de son eau des proies qu’il capture. Son “signal de soif” est très faible, ce qui le rend sujet à un manque d’hydratation chronique. Ce manque d’eau concentre fortement ses urines et favorise l’apparition de cristaux et de calculs rénal ou urinaire.
Il est conseillé d’inciter votre chat à boire davantage au quotidien en :
- multipliant les points d’eau .
- installant une fontaine à eau, car le mouvement continu de l’eau stimule sa curiosité et garantit une eau toujours fraîche et oxygénée.
- choisissant un récipient adapté : préférez des bols larges en céramique ou en verre, suffisamment grands pour éviter que ses vibrisses (moustaches) ne touchent les bords (cela peut être inconfortable pour lui)
Les aliments toxiques pour le chat
En raison de spécificités hépatiques, le chat est incapable de métaboliser certains composés chimiques présents dans des aliments courants.
| Aliment / Toxique | Substance nocive | Symptômes et conséquences | Niveau de toxicité |
| Chocolat (noir esentiellement) & Cacao | Théobromine | Troubles cardiaques, hyperthermie, convulsions | Urgence vitale (Mortel) |
| Oignon, Ail, Poireau | Thiosulfates et disulfures | Destruction des globules rouges (anémie hémolytique) | Élevé |
| Raisin (frais ou sec) | Toxine non identifiée | Insuffisance rénale aiguë | Toxique mortel |
| Avocat | Persine | Troubles digestifs sévères, détresse respiratoire | Élevé |
| Os cuits | Os trop pointus | Perforation ou obstruction du tube digestif | Urgence chirurgicale |
| Alcool & Pâte crue | Éthanol / Fermentation | Dépression du système nerveux, coma, acidose | Urgence vitale (Mortel) |
| Xylitol (Édulcorant) | Xylitol | Toxicité hépatique et troubles digestifs | Élevé à mortel |